A Propos

Qui es tu?

Dès l’âge de 7 ans, je suis devenue l’assistante-à-tout de ma grand-mère et dans ce « tout » de sa vie, il y avait la couture. Assise à côté d’elle, je la regardais, je lui passais les outils, je choisissais le bon bouton, la bonne couleur de cannette. C’est elle qui m’a appris à coudre et je n’ai jamais dépassé le niveau chouchoux-coussins!

Ton cursus pré-professionnel?

Après le bac, j’ai étudié l’économie entre Bordeaux et Rotterdam pendant quatre ans, j’ai beaucoup voyagé et travaillé ici et là. Les rencontres et opportunités m’ont amené à travailler pour un collectif de producteurs de laine de lamas en Bolivie puis de suivre la filière du coton équitable en Inde du Sud.J’ai mis les pieds à Marseille pour la première fois en 2001 et c’est devenu mon port d’attache.

Et la couture?

À 29 ans, grâce à une période de chômage, j’ai passé le pas et je me suis formée au modélisme et à la couture. Je voulais juste être capable de tout faire, pour pouvoir créer. Je trouvais ça frustrant de passer des dimanches après-midi à essayer de confectionner des habits tordus sans comprendre pourquoi : les notions de pinces, d’aisance ou de droit fil m’étaient alors inconnues et internet n’était pas encore développé comme aujourd’hui.

Après 12 mois de formation intensive à Aix-en-Provence auprès d’une costumière et un an de pratique individuelle en atelier, je me suis lancé avec mes premières créations, faites en petites séries. Je n’ai jamais voulu délocaliser ma production, j’ai toujours confectionné à Marseille avec des matières que je qualifie de « nobles » : coton, bambou, alpaga, soie.

Quelle est la marque de ta machine à coudre ?

Je travaille sur une Bernina depuis toujours, la 1008 en piqueuse plate et la surjeuteuse Bernina. Depuis quelques mois, l’atelier est équipé de machines Husqvarna Esmerald 116 et c’est un grand bonheur de travailler avec.

Confectionnes-tu toi même les pièces de ta collection ?

J’adore le patronage à plat et le moulage donc j’ai toujours aimé faire mes patrons et mes prototypes. Je me sens plus styliste-modèliste que façonnière : j’adore le travail manuel mais certaines finitions demandent plus d’étapes, plus de temps et donc rendent le prix final du vêtement excessif !

Quelle taille porte le mannequin qui présente tes créations ?

Les prototypes sont toujours créés en taille 38 et je fais ensuite la gradation pour obtenir les autres tailles. Les étés passés, mes goûts et la mode du flou aidant, j’ai aussi créé plusieurs modèles en taille unique. Chacune se l’approprie et lui donne vie.

Ta marque ?

Ma marque s’est d’abord appelée Pagaï, du nom d’un petit paradis en Indonésie, comme un premier amour. Depuis 2 ans, j’ai décidé de signer mes créations de mon nom, Lorène Bellamy.

Tes adresses ?

J’ai des petits rituels shopping : aller fouiner et chiner chez Monoprix, à la Maison Empereur et le samedi à l’Emmaüs de la Pointe rouge. Je ne suis pas une grande « shoppeuse » car ça prend du temps et parce que j’aime faire moi-même ou chiner.

Un plaisir simple ?

Quand je ne couds pas, je prends mon vélo et je file avec un livre, un carnet de dessin, des huitres ou des palmes vers Malmousque, la pointe rouge ou la côte bleue. Merci Marseille !